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L’obésité chez les chevaux

De nombreuses études montrent que « l’épidémie » d’obésité qui affecte les chiens et les chats touche aussi maintenant les chevaux, ceux-ci ayant progressivement perdu leur statut d’animaux utiles pour devenir des animaux de compagnie. Or, chez eux comme chez les autres animaux et l’Homme, un excès de poids est néfaste pour la santé : les chevaux obèses présentent des problèmes de pied, d’arthrose, de diabète, de fertilité…

Mon cheval est-il vraiment trop gros ?

Il est très important de suivre régulièrement le poids de votre cheval, et cela dès son plus jeune âge. A défaut d’avoir une bascule sous la main, on peut obtenir une estimation correcte du poids à l’aide de formules qui prennent en compte le périmètre thoracique, la hauteur au garrot et la catégorie du cheval. Vous pouvez, pour vous y aider, vous reporter à la fiche « Comment estimer le poids et l’état corporel de mon cheval ? ». N’hésitez pas à tracer une courbe du poids en fonction du temps : tout décrochement, dans un sens ou dans l’autre, sera plus facilement visible.

L’obésité correspond à un excès de poids de plus de 15% par rapport au poids idéal, soit un état corporel de 9 (sur une échelle allant de 1 à 9).

> Attention, les chevaux nourris essentiellement de fourrage présentent souvent un abdomen plus distendu, par rapport aux chevaux nourris essentiellement au grain ou très musclés. Ces « ventre de foin » peuvent donner une fausse apparence de cheval gras.

Quelles sont les conséquences de l’obésité sur sa santé ?

L’excès de poids a plusieurs conséquences sur la santé du cheval :

  • Il abîme les pieds : les chevaux obèses sont prédisposés aux fourbures, qui peuvent laisser des séquelles très invalidantes ;
  • Il accentue les troubles articulaires de type arthrose ;
  • Il entraîne un mauvais fonctionnement des organes internes qui sont « noyés » dans la graisse (les lipomes abdominaux sont souvent une cause de colique grave) ;
  • Il fatigue l’organisme (le cheval peine à se déplacer, s’essouffle rapidement) ;
  • Il empêche l’évacuation de la chaleur (risque de coup de chaleur ou de coup de sang) ;
  • Il pose des problèmes de fertilité : les poulinières obèses ont des difficultés à concevoir, à porter un fœtus (comprimé par la graisse) et à pouliner (bassin rendu trop étroit par les amas graisseux).

Pourquoi mon cheval est-il trop gros ?

Le métabolisme du cheval est adapté à son mode de vie à l’état sauvage, c’est-à-dire lorsque :

  • Il se nourrit 16 h/jour, uniquement d’herbe, en parcourant de grandes distances,
  • Il marche pendant plusieurs kilomètres pour trouver un point d’eau,
  • Il fuit devant les prédateurs,
  • Il s’adapte aux conditions climatiques : en été et en automne, il se constitue des réserves de graisses pour résister à un hiver rigoureux, pendant lequel il maigrit, jusqu’à la pousse de l’herbe nouvelle du printemps ;
  • les femelles donnent naissance et allaitent un poulain par an. 

Pendant des milliers d’années, la nature a sélectionné les animaux les plus aptes à survivre : ceux capables de tirer le maximum d’énergie du moindre végétal, même une brindille desséchée. Or, nos chevaux domestiques ont gardé le même métabolisme que leurs ancêtres, alors que leurs conditions de vie ont changé : ils passent leurs journées au box, ou broutent dans un pré clos, avec un abreuvoir d’eau à quelques mètres, ils sont abrités et complémentés en nourriture l’hiver ! Autant dire qu’ils sont « génétiquement programmés » pour engraisser facilement…

De plus, les pâtures de nos chevaux ne sont plus des prairies naturelles : elles ont été ensemencées avec des graines de différentes variétés d’herbes sélectionnées pour la production agricole (autrement dit : pour les bovins qui ont besoin de beaucoup d’énergie pour produire du lait et de la viande). L’herbe des pâtures est généralement trop calorique pour les chevaux.

L’obésité est le plus souvent due à des erreurs alimentaires : les chevaux sont nourris avec des aliments trop riches, en quantité excessive par rapport à leurs besoins.

Mais certaines maladies peuvent aussi entraîner une obésité : les chevaux atteints de syndrome métabolique, par exemple, présentent une obésité (malgré des restrictions alimentaires) et une fourbure chronique.

Enfin, certains chevaux ont une prédisposition individuelle à prendre du poids : deux chevaux nourris exactement de la même façon et pratiquant le même exercice peuvent tout à fait avoir des notes d’état corporel différentes…

Comment faire maigrir mon cheval ?

Il est indispensable de consulter votre vétérinaire si votre cheval est en surpoids : la prise en charge de l’obésité nécessite un bilan médical complet et une analyse précise de la ration alimentaire. Evitez les solutions drastiques du style « je mets mon cheval au box toute la journée et il ne sort en paddock qu’une heure par jour » ou « je mets mon cheval au pré mais avec un panier 20 heures/jour » (catastrophique pour son moral) ou « je mets mon cheval dans une parcelle minuscule » (cela augmente les risques parasitaires et de consommation de plantes toxiques).

Une fois que le poids de forme de votre cheval aura été déterminé, le vétérinaire établira avec vous une ration alimentaire adaptée à la saison (hiver/été), aux conditions de vie (pré/box) et au statut sexuel (castration/gestation/allaitement) de votre cheval et probablement un programme d’entraînement sportif. Le but est d’accorder les apports énergétiques avec les besoins.

  • L’augmentation de l’activité physique doit être progressive, et il faut préférer dans un premier temps des promenades à faible allure (2/3 de pas, 1/3 de trot), sur des périodes de plus en plus longues. Les allures vives sont déconseillées, en raison de la fragilité des articulations des chevaux obèses.
  • Pour augmenter la dépense de calories, si l’on dispose d’un peu de temps et de place, il est possible d’aménager des paddocks sous forme de parcelles allongées (il est prouvé que le cheval bouge moins dans une parcelle carrée), sur une surface à l’herbe pauvre (bois, friches ou pâture sans ensemencement et sans apport d’engrais). On peut également créer des labyrinthes avec des barrières amovibles ou du ruban électrique pour obliger le cheval à se déplacer pour aller à son abri, au point d’eau, à un point d’observation.
  • En hiver, on proposera une quantité de foin raisonnable, dont la distribution sera adaptée à l’état d’embonpoint du cheval.

> Le régime « yo-yo » des chevaux sauvages (engraissement en été et amaigrissement en hiver) n’est plus adapté à nos chevaux domestiques. Mieux vaut éviter les variations de poids trop importantes qui fatiguent l’organisme à s’adapter aux changements métaboliques.

L’amaigrissement du cheval doit être progressif, sous peine d’occasionner une hyperlipémie, c’est-à-dire la mobilisation excessive des réserves de graisses et la libération en grande quantité dans la circulation sanguine d’acides gras. Ceux-ci sont alors stockés dans le foie et sont responsables d’une lipidose hépatique (ou dysfonctionnement du foie par surcharge graisseuse).

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